MTN Group jette l’éponge en Ethiopie

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MTN Group jette l’éponge en Ethiopie

L’opérateur de télécoms sud-africain, MTN Group  vient de renoncer à sa participation à l’appel d’offre pour la deuxième licence  des télécommunications  en Ethiopie.

« Le groupe a décidé de ne pas participer aux nouveaux processus de libéralisation en cours en Ethiopie, et nous remercions le gouvernement éthiopien pour l’opportunité d’avoir fait partie du processus précédent. Nous remercions également les partenaires que nous avions dans notre offre de licence infructueuse », a annoncé  MTN Group ce  jeudi 12 août.

A travers cette déclaration tenue lors de la présentation de ses résultats financiers pour le premier semestre 2021, l’opérateur sud-africain vient de préciser sa position face au prochain appel d’offre pour la seconde licence télécoms en Éthiopie.

« Notre offre d’avril pour une nouvelle licence de télécommunications en Éthiopie a échoué. Notre offre a pris en compte les conditions du permis ainsi que les incertitudes associées. Nous avions également adopté une approche de partenariat pour assurer la diversification des financements et des risques. Bien que décevants, nous sommes convaincus que notre approche a été guidée par des cadres stratégiques et d’allocation de capital disciplinés ». ajoute le groupe sud-africain des télécoms.

En effet, cette précision du groupe MTN fait suite à la récente déclaration du gouvernement Éthiopien sur lancement du processus d’attribution de la deuxième licence des télécoms au mois d’août. Ce second appel d’offre inclurait également l’offre des services financiers.

Selon les dirigeants de MTN, leur position par rapport à cette offre pour la seconde licence télécoms en Éthiopie tient compte de leur politique stratégique « Ambition 2025 », initiée en  début d’année, pour se débarrasser d’actifs trop coûteux à long terme et éviter également des investissements à haut risque.

Le conflit en cours dans le nord du pays, qui a vu les États-Unis en mai imposer des restrictions de visa aux responsables gouvernementaux, ainsi que les tensions entre l’Éthiopie et ses États partenaires du bassin du Nil, le Soudan et l’Égypte au sujet du remplissage du barrage géant de la Renaissance, sont au premier plan les  facteurs de risque qui rendent la transaction défavorable.

Des sources ont déclaré qu’une escalade du conflit du Tigré pourrait déclencher des sanctions américaines à grande échelle contre l’Éthiopie, comme ce fut le cas avec l’Iran, où MTN opère et est sur le point de se retirer.

MTN dispose des opérations en Afghanistan, en Syrie et au Yémen déchirés par la guerre, ainsi qu’en Iran, qui est sous sanctions américaines.   Le groupe a annoncé en août 2020 qu’il quitterait tous ces marchés à moyen terme, pour se concentrer sur une stratégie de croissance panafricaine.

En Éthiopie, le géant des télécoms se méfie de soumissionner pour la licence puis de couler des millions de dollars dans des infrastructures télécoms qui risquent d’être endommagées.

Au Yémen, les pertes totales en temps de guerre du secteur des télécommunications en mars 2020 étaient estimées à 4,1 milliards de dollars en raison des dommages ou de la destruction des infrastructures de télécommunications, selon un rapport du Centre d’études stratégiques de Sanaa, intitulé « Impacts de la guerre sur les télécommunications Sector in Yemen », publié en janvier de cette année.

Bloomberg a récemment rapporté que l’évaluation de MTN pour l’infrastructure des télécommunications en Éthiopie est d’environ 8 000 nouvelles tours mobiles pour étendre les services dans tout le pays, mais la probabilité de dommages est élevée, nécessitant des investissements supplémentaires, d’où sa raison d’abandonner son offre. Il s’agit toutefois d’un renversement par rapport à la position de la compagnie de téléphone juste après que les premiers gagnants des offres ont été déclarés il y a un peu plus de deux mois, alors qu’elle était impatiente de recevoir la licence ré-émise qui viendrait avec une option de services d’argent mobile – une vache à lait pour l’industrie .

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