Journée mondiale des télécommunications et de la Société de l’Information « WTISD 2026 » : la résilience numérique au cœur d’un avenir connecté et durable

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Secrétaire générale de l’UIT, Doreen Bogdan-Martin

Alors que le monde n’a jamais été aussi connecté, la dépendance croissante aux infrastructures numériques expose désormais les États, les entreprises et les populations à de nouveaux risques systémiques.

À l’occasion de la Journée mondiale des télécommunications et de la société de l’information 2026, célébrée cette année autour du thème : « La résilience numérique au cœur d’un avenir connecté et durable », l’Union internationale des télécommunications appelle à la construction d’un écosystème numérique plus résilient, capable de faire face aux catastrophes naturelles, aux pannes majeures ainsi qu’aux perturbations mondiales des réseaux et des infrastructures numériques.

Les infrastructures numériques critiques notamment les réseaux terrestres, câbles sous-marins, satellites, centres de données et systèmes de communication — constituent aujourd’hui l’épine dorsale des économies modernes, des administrations publiques et de la vie quotidienne des populations.

À l’occasion de cette  World Telecommunication and Information Society Day 2026, la Secrétaire générale de l’UIT, Doreen Bogdan-Martin, a appelé, dans son discours, les gouvernements, le secteur privé, les organisations internationales et les communautés à renforcer les infrastructures numériques essentielles qui permettent au monde de fonctionner.

Célébrée chaque année le 17 mai, cette journée met en lumière le rôle croissant des technologies numériques dans le développement économique et social, tout en commémorant la création de International Telecommunication Union, l’agence spécialisée des Nations Unies en charge des technologies de l’information et de la communication.

Aujourd’hui, les technologies numériques sont devenues indispensables au fonctionnement des sociétés modernes. Santé, éducation, finance, commerce, administration publique, médias ou encore sécurité civile : tous les secteurs reposent désormais sur des réseaux de télécommunications fiables, performants et continus. Chaque jour, des milliards de personnes utilisent Internet et les services numériques pour communiquer, travailler, apprendre, effectuer des transactions financières ou accéder à des services essentiels. Cette transformation numérique accélérée a profondément modifié les économies ainsi que les modes de vie dans de nombreuses régions du monde. Dans ce contexte, la connectivité ne constitue plus un simple service technologique ; elle est devenue une infrastructure critique, aussi essentielle que l’électricité, l’eau ou les réseaux routiers.

Doreen Bogdan-Martin, dans son message, attire l’attention sur la vulnérabilité croissante des infrastructures mondiales de connectivité, notamment les câbles sous-marins. Véritables colonnes vertébrales de l’Internet mondial, ces infrastructures stratégiques s’étendent sur plus de 1,7 million de kilomètres à travers le monde et assurent près de 99 % du trafic international de données. Elles garantissent le fonctionnement des échanges numériques mondiaux, des plateformes cloud, des services financiers internationaux ainsi que des communications entre les États, les entreprises et les populations. Cependant, malgré leur importance stratégique, ces infrastructures demeurent exposées à de nombreuses menaces. Les tremblements de terre, les glissements sous-marins, les incidents techniques, les cyberattaques, les phénomènes climatiques extrêmes ou encore les tempêtes solaires susceptibles de perturber les réseaux électriques et les systèmes de communication représentent autant de risques majeurs pour la stabilité des infrastructures numériques mondiales. Une rupture simultanée de plusieurs câbles sous-marins pourrait ainsi provoquer d’importantes perturbations dans les communications internationales, les services bancaires ou les plateformes numériques critiques.

Face à ces défis, La Sécretaire Généralde de l’UIT insiste sur la nécessité d’intégrer la résilience au cœur des politiques numériques mondiales. La résilience numérique désigne la capacité des infrastructures, des réseaux et des services numériques à continuer de fonctionner efficacement malgré les crises, les catastrophes naturelles ou les incidents majeurs. Cette approche implique notamment le renforcement des infrastructures critiques, la diversification des routes de connectivité, l’amélioration de la cybersécurité, le développement de mécanismes de continuité des services, le renforcement de la coopération internationale ainsi que l’adoption de normes techniques communes.

Selon l’organisation onusienne, cette résilience numérique doit être construite de manière collaborative, avec une approche centrée sur les populations et les besoins réels des utilisateurs. Pour les pays africains, cette problématique revêt une importance particulière. Alors que le continent accélère sa transformation digitale, les infrastructures télécoms demeurent parfois fragiles face aux risques techniques, énergétiques et climatiques.

La République de Guinée, à l’instar de nombreux pays africains engagés dans une dynamique de transformation numérique, intensifie ses investissements dans les infrastructures digitales, en cohérence avec les ambitions du programme Simandou 2040 porté par le gouvernement du président Mamadi Doumbouya.  Parmi les avancées majeures enregistrées ces deux dernières années  figurent la signature du projet d’atterrissement du deuxième câble sous-marin Medusa,  l’inauguration d’un Data Center Tier III, destiné à renforcer les capacités nationales d’hébergement et de sécurisation des données ainsi que  le rapatriement et l’opérationnalisation du domaine internet guinéen « .GN ».

Cette vision stratégique  vise notamment à renforcer les infrastructures de télécommunications, développer les centres de données, améliorer la connectivité Internet et accélérer la modernisation des services numériques, afin de faire du numérique un véritable levier de croissance économique, d’innovation et de développement durable.

Ces initiatives traduisent la volonté des autorités guinéennes de positionner le numérique comme un levier stratégique de croissance économique, d’innovation et d’intégration régionale.

Toutefois, les défis liés à la sécurisation des réseaux, à la qualité des services et à la continuité des communications demeurent considérables. Dans un contexte marqué par la digitalisation des services de l’administration publique et privés,  l’essor des services financiers mobiles, du commerce électronique et des plateformes numériques, garantir la résilience des réseaux devient un enjeu stratégique majeur pour la souveraineté numérique, la stabilité économique et l’inclusion digitale..

À travers son message, la Secrétaire générale de l’UIT rappelle que l’avenir numérique mondial dépend autant de l’innovation technologique que de la capacité des infrastructures à résister aux crises. Dans un monde fortement interconnecté, où une panne majeure peut avoir des répercussions immédiates à l’échelle internationale, la résilience numérique apparaît désormais comme une priorité stratégique mondiale. Renforcer les réseaux, sécuriser les infrastructures critiques et promouvoir une coopération internationale efficace seront donc des conditions essentielles pour garantir une connectivité fiable, inclusive et durable pour tous.

A propos de la Journée mondiale des télécommunications et de la société de l’information

La Journée mondiale des télécommunications et de la société de l’information a pour but de contribuer à sensibiliser l’opinion aux perspectives qu’ouvre l’utilisation de l’Internet et des autres technologies de l’information et de la communication (TIC) dans les domaines économique et social, ainsi qu’aux moyens permettant de réduire la fracture numérique.

Le 17 mai 1865, la signature historique de la première Convention télégraphique internationale et la création de l’Union télégraphique internationale (première appellation de l’UIT) ont eu un profond impact sur la scène mondiale des communications.

Au milieu du XIXe siècle, les lignes télégraphiques s’arrêtaient aux frontières nationales car chaque pays utilisait un système et des équipements différents. Les messages devaient alors être transcrits, traduits et remis de la main à la main à la frontière avant d’être retransmis sur le réseau télégraphique du pays voisin.

 Le 17 mai 1865, après deux mois et demi de négociations difficiles, la première Convention télégraphique internationale était signée à Paris, en France. Elle a permis la création d’un cadre destiné notamment à normaliser les équipements télégraphiques et à définir des instructions d’exploitation uniformes.

Discours de la Sécretaire Générale de l’UIT, Doreen Bogdan-Martin

 

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