Guerre en Ukraine : quelles sont les menaces qui pèsent sur les câbles sous-marins ?

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Compte tenu de l’envergure que prend cette guerre contre l’Ukraine , l’on se pose aujourd’hui la question à savoir, que se passerait-t-il si Vladimir Poutine décidait de s’en prendre à ces câbles sous-marins ?

Pour répondre à cette question, nous allons analyser et identifier les vulnérabilités de ces câbles sous-marins.

Les fonds marins abritent dans leurs profondeurs, plus de 400 câbles sous-marins, qui fournissent près de 99% du trafic internet. Ces infrastructures permettent de transporter des données stockées dans des serveurs outre-atlantique en connectant les différents continents.

L’océan Atlantique relie le continent européen et de l’Amérique à travers les câbles sous-marins contenant plusieurs informations notamment des données des transactions financières, des mails, des appels, des applications, des fichiers et données des individus  et  entreprises.

Pour assurer les échanges de données et notamment le fonctionnement d’Internet, 436 câbles sous-marins sont actuellement en service dans le monde. Chaque câble dispose une longueur comprise entre 30 à 20 000 kilomètres. Ils s’étendent sur un total de 1,3 millions de kilomètres, soit 32 fois le tour de la Terre.

Dans le cadre du conflit entre la Russie et l’Ukraine, c’est le câble du détroit de Kertch, qui relie la Crimée à la Russie qui est plus exposé. Ce câble est géré par l’entreprise d’État Russe Rostelecom et dessert les zones contrôlées par la Russie depuis 2014, dont le trafic Internet passe par la Russie. Il est très improbable qu’il soit endommagé par les Russes !

La Russie dispose deux méthodes pour perturber le trafic internet à travers le câble sous-marin.

La première consiste à passer par la Cyberattaque à travers les virus informatiques pour détruire les infrastructures stratégiques.

Le recours au virus informatique est la méthode la plus simple, mais le risque est que le virus peut se propager dans d’autres réseaux. Si la Russie passe par cette méthode, ses propres réseaux peuvent être affectés.

D’autres techniques à travers les points d’échange internet peuvent également être utilisées par les Russes pour impacter les réseaux internet. Par exemple avoir la main mise sur le point d’échange dans le but de manipuler les données de la population Russe ou ukrainienne dans les zones contrôlées par la Russie. Il est aussi possible au câbles qui connectent  les infrastructures stratégiques,  comme la fait la Russie en 2015, en s’attaquant au réseau énergétique Ukrainien.

La deuxième méthode consiste à sectionner les câbles sous-marins. Contrairement à l’attaque par virus informatique, la coupure des câbles n’est pas facile. Pour le faire, il faudra tout d’abord identifier les coordonnées de ces câbles, certains sont enfuis à plus de 1000 mètres de profondeurs.

« Les Russes s’intéressent à ces câbles depuis longtemps, nous avons identifié un navire espion rattaché au ministère de la Défense russe ainsi qu’une classe de sous-marins ayant des capacités d’intervention en grande profondeur. Ces moyens sont géolocalisés de façon extrêmement fréquente sur des points de concentration de câbles sous-marins ». Rapporte Jean-Luc Vuillemin, directeur des réseaux internationaux d’Orange.

 La menace Russe est très prise au sérieux par les pays européens comme la France.  Au mois de février dernier, dix jours avant déclenchement de la guerre en Ukraine, le ministre des Armées, Florence Parly a annoncé au cours d’une présentation sur la stratégie dite « de maîtrise des fonds marins », que « les fonds marins constituant un nouveau champ de conflictualité au même titre que le cyber-espace et la sphère informationnelle ». Il a ensuite ajouter  avoir pris la décision de doter l’armées de moyens capables d’atteindre les 6000 mètres enfin de couvrir et de protéger les 97 % des fonds marins.

La perturbation, par des coupures de câbles ou leur destruction, fracturerait immédiatement et de façon catastrophique à la fois le commerce international et tout usage d’internet.

En cas d’attaque intentionnelle, aucun pays ne dispose présentement de moyens nécessaires pour faire rapidement face aux conséquences. Pour réparer une telle panne ou déployer un nouveau câble, il faudra énormément de temps et de ressources.
On se demande s’il existe actuellement  d’autres voies de débordements ?

Comme mesure palliative, les satellites peuvent prendre le relais. C’est d’ailleurs ce qui se passe présentement en Ukraine, où le patron de Tesla, Elon Musk, a lancé le 26 février dernier, Starlink, son service internet par satellite.

Quant aux satellites, aptes à procurer une connexion internet, ils se révéleraient très largement insuffisants pour compenser une telle perte de connectivité.« Pour assurer la sécurité et la redondance des infrastructures sous-marines, au lieu de dépenser des sommes astronomiques dans la surveillance, il est souhaitable d’augmenter la résilience des réseaux internet en imaginant des écosystèmes autonomes », indique Alexandre Schon, chercheur et docteur en géographie des télécommunications.

 Analyse : BAH  Junior  

 

 

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