Satellites Africains : l’Algérie et le Sénégal accélèrent la conquête spatiale 

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L’Afrique confirme son retour en force dans la course à l’espace. Entre le lancement réussi du satellite algérien Alsat-3A et l’annonce du prochain satellite sénégalais GAINDESAT-1B, les stratégies spatiales africaines gagnent en maturité, portée par des ambitions technologiques, environnementales et souveraines de plus en plus affirmées.

La semaine dernière, l’Algérie a franchi une nouvelle étape majeure dans son programme spatial avec la mise en orbite de son troisième satellite d’observation de la Terre, Alsat-3A. Le lancement, effectué depuis une base spatiale en Chine, s’inscrit dans un partenariat stratégique entre l’Agence spatiale algérienne (ASAL) et la China Aerospace Science and Technology Corporation (CASC). Conçu pour fournir des images haute résolution, Alsat-3A offre une bande d’observation de 17,5 kilomètres et un temps de revisite de trois jours, renforçant ainsi de manière significative les capacités nationales de surveillance et d’analyse du territoire.

Au-delà de la performance technologique, ce satellite ouvre surtout de nouvelles perspectives opérationnelles. Selon les autorités algériennes, les données produites par Alsat-3A permettront d’améliorer la cartographie nationale, d’affiner les modèles numériques d’élévation, de soutenir l’aménagement du territoire, de renforcer la gestion des ressources naturelles et d’anticiper les risques majeurs tels que les inondations, les sécheresses ou autres catastrophes naturelles. Avec ce nouvel outil stratégique, l’Algérie consolide son statut de leader africain des technologies spatiales, aux côtés de l’Égypte, de l’Afrique du Sud, du Nigeria, du Maroc et de l’Angola.

Cette dynamique ne se limite toutefois pas à l’Afrique du Nord. En Afrique de l’Ouest, le Sénégal confirme à son tour sa montée en puissance dans le domaine spatial. Après le lancement de GAINDESAT-1A, son premier satellite, en août 2024, le pays prévoit de mettre en orbite GAINDESAT-1B en 2026. Dédié à la collecte de données environnementales et climatiques, ce nouveau satellite contribuera à la gestion durable des ressources naturelles, à la surveillance du territoire et à l’observation du climat et des écosystèmes. Il viendra ainsi renforcer les capacités existantes, tout en s’inscrivant dans une stratégie plus large de développement des compétences locales et de transfert de savoir-faire technologique.

Ces initiatives nationales s’insèrent dans un mouvement continental beaucoup plus large. À ce jour, 18 pays africains ont déjà lancé au moins un satellite, portant le nombre total de satellites africains à environ 65, tandis que plus de 120 nouveaux engins sont actuellement en cours de développement. Cette accélération témoigne d’une prise de conscience stratégique : l’espace n’est plus un luxe, mais un levier central de transformation numérique, de sécurité, de résilience climatique et de développement économique pour l’Afrique.

À mesure que les programmes spatiaux se structurent, le continent affirme ainsi une vision plus autonome de son avenir numérique. Observation de la Terre, télécommunications, données environnementales, intelligence artificielle et gouvernance des données: les satellites s’imposent désormais comme des infrastructures critiques, au cœur des politiques publiques et des stratégies de développement durable.

La conquête spatiale africaine est désormais bel et bien lancée — et elle ne fait que commencer.

 

Par Abdoulaye BAH

Spécialiste Télécommunications & Numérique

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