La Côte d’Ivoire à la conquête de l’espace

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Un satellite 100 % ivoirien. L’annonce a été faite par le ministre de l’Enseignement et de la Recherche scientifique lors de la conférence NewSpace Africa, qui s’est tenue à l’hôtel Ivoire d’Abidjan du 25 au 28 avril 2023.

Une nouvelle applaudie par la centaine d’acteurs du spatial en Afrique participant à l’événement. Parmi eux, Boubacar Fofana, président de l’entreprise à l’initiative du projet de nanosatellite baptisé “Yam-Sat CI 01”. “Yam” pour Yamoussoukro, la capitale ivoirienne, et “Sat CI 01” pour marquer le fait qu’il s’agit du premier satellite fabriqué en Côte d’Ivoire.

“Avec notre propre satellite, nous pourrons mieux observer l’avancée des terroristes, cartographier l’étendue de la déforestation, détecter l’orpaillage clandestin ou encore faciliter l’accès à l’eau potable”, se réjouit déjà l’entrepreneur. Ce satellite ivoirien, Boubacar Fofana en rêve depuis 2019. Pour parvenir à ses fins, il s’est associé à l’Institut national polytechnique Félix Houphouët-Boigny (INP-HB) de Yamoussoukro, une prestigieuse école ivoirienne. Un partenariat entre le public et le privé qui lui permet d’obtenir des soutiens techniques, des locaux et une collaboration avec des ingénieurs.

Boubacar Fofana n’est pas le premier à rêver d’un satellite pour la côte d’ivoire. En 2015 déjà, le président de la République Alassane Ouattara avait lancé une étude de faisabilité à ce sujet. Mais à ce jour, par manque de financement et l’absence de structures et des réglementations ainsi que l’absence  d’une agence spatiale ivoirienne dont la création a été annoncée en 2021 par le ministre de l’Enseignement et de la Recherche scientifique, Adama Diawara, ce projet ne s’est toujours pas concrétisée.

D’après Boubacar Fofana, nul besoin d’attendre la création d’une agence spatiale ivoirienne pour lancer des satellites. L’argument selon lequel la Côte d’Ivoire manque de moyens pour ce genre de projets n’est pas recevable. Il estime que l’on peut commencer à construire et lancer des nanosatellites avec 50 millions de francs CFA, soit près de 80 000 euros. “On peut mobiliser cet argent assez facilement, que ce soit avec des investissements du secteur privé, des dons d’anciens de l’INP-HB, des fonds gouvernementaux, etc. Plus on augmentera le budget, plus on visera un satellite de qualité et durable.”

Mais lancer des satellites ne suffit pas, estime-t-il. Si la Côte d’Ivoire veut allonger la liste actuelle des 15 pays africains présents dans l’espace, elle devra aussi miser sur le traitement des données satellite, notamment en investissant dans les écoles d’ingénieurs.

L’expert spatial auprès de la Commission de l’Union africaine et coordinateur du programme GMES (Global Monitoring for Environment and Security) pour l’Afrique, Tidiane Ouatera, appelle les dirigeants africains à s’emparer du spatial comme d’un outil de souveraineté. Ceux-ci pourraient bénéficier de l’appui au développement de l’Agence spatiale africaine, créée par l’Union africaine en 2018. Une agence approuvée par 55 pays du continent et dont le siège se situe au Caire. L’existence de cette agence démontre qu’il existe une prise de conscience au niveau continental. Le chiffre d’affaires du secteur spatial africain est d’ailleurs estimé à 10 milliards de dollars d’ici 2024 selon Sékou Ouedraogo, auteur de “L’agence spatiale africaine. Vecteur de développement” (éd. L’Harmattan).

Source : France24

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