Guinée-Bilan “AN2 CNRD”: Agriculture

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Pour que l’agriculture joue un rôle moteur dans l’économie guinéenne, le gouvernement de la transition a procédé à une augmentation du budget alloué au secteur. Celui-ci est passé de 600 milliards à 1 900 milliards de francs guinéens, soit la plus grande hausse budgétaire jamais faite en Guinée.

L’Agriculture emploie 80% de la population guinéenne, dont elle assure la principale source de revenus. Conscient de l’importante dudit secteur, les autorités de la transition, avec à leur tête le colonel Mamadi Doumbouya, ont décidé d’accorder une priorité à ce secteur. D’où l’allocation d’un budget consistant de 1 900 milliards de francs guinéens selon le ministre de tutelle Mamoudou Nagnalen Barry. Avant la transition, environ 600 milliards de francs guinéens étaient accordés au secteur.

Un secteur en pleine modernisation

L’explosion du budget du secteur agricole traduit la volonté des dirigeants de la transition guinéenne d’accroitre les rendements et de faire de l’autosuffisance alimentaire une réalité en Guinée. « D’abord, ce n’est pas un miracle. C’est l’ordre normal des choses, vu le potentiel de la Guinée et l’attachement de ses populations à l’agriculture », explique le ministre Barry.

La disponibilité de ces moyens ont permis une forte mécanisation de l’agriculture, par l’achat des centaines de tracteurs et des moissonneuses-batteuses. Une commande d’engins agricoles qui s’inscrit dans le cadre du processus de mécanisation et de modernisation du secteur agricole afin d’en faire un pilier de développement socio-économique de la Guinée.

Pour améliorer les rendements, l’Etat investit considérablement dans les semences. Celles-ci sont passées de 200 tonnes en 2022 à près de 5.000 tonnes cette année.

Aussi, pour accompagner les agriculteurs, le Premier ministre, Dr Bernard Goumou a, au nom du Président de la transition, Colonel Mamadi Doumbouya, remis un bateau de 28.000 tonnes d’engrais urée à la Chambre Nationale d’Agriculture (CNA) pour la distribution aux producteurs sur toute l’étendue du territoire nationale au prix subventionné de 300 000 francs guinéens par sac. Cette commande, la plus grande dans l’histoire de notre pays pour l’engrais urée, vient s’ajouter à la commande des 27 500 tonnes de NPK mis à la disposition des producteurs en mai 2023, et les 500 tonnes distribués en région forestière sur une commande en provenance du Sénégal par voie terrestre. Ainsi, la politique de la Refondation Verte a permis l’acquisition de plus de 56.000 tonnes de nouveaux stocks d’engrais pour la seule campagne 2023.

Dans le cadre de la poursuite de l’amélioration des conditions de production des agriculteurs, le Service National de la Promotion Rurale et du Conseil Agricole (SERPROCA) a rendu disponibles de drones agricoles dans les centres de vulgarisation agropastorales et certains CPA de la SIGUICODA. Ce mécanisme souple d’accompagnement des producteurs s’inscrit en droite ligne avec la politique de la Refondation verte initiée par le Gouvernement à travers le ministère de l’Agriculture et de l’Élevage pour faciliter aux agriculteurs l’accès à des innovations de production plus appropriées et modernes. Un service innovant accessible en phase pilote aux producteurs à Kindia et Faranah.

Dans le cadre de la mise en œuvre de la Campagne agricole 2023-2024, le gouvernement a prévoit d’accompagner les services déconcentrés pour une production témoin, incluant un tracteur, du carburant, de l’engrais, de la semence, des herbicides et des ressources financières pour la main-d’œuvre. Cette assistance du Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage vise à comprendre avec précision les réalités des producteurs et de contribuer à l’autosuffisance alimentaire.

Réformes réglementaires

Ces réformes engagées depuis le 05 septembre 2021, ont commencé par la revue de quelques textes de lois et stratégies nationales. Notamment le Plan National d’Investissement Agricole de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (PNIASAN) et la Stratégie Nationale de Développement de la Riziculture (SNDR2).

Sur le plan organisationnel, un diagnostic des ressources humaines a permis de réaliser 11 milliards de GNF d’économie par an. Quelques 53 fonctionnaires décédés continuaient de « percevoir », 255 fonctionnaires fictifs et 73 contractuels temporaires consignés continuaient de « percevoir » leurs salaires.

Pour accroître la productivité, l’Etat a amélioré l’accès sécurisé au foncier à travers la facilitation de l’obtention de 18 984 ha au profit des agro-entrepreneurs ;

Dans le secteur de l’élevage, une commande de 10 000 tonnes de mais pour l’alimentation de la volaille ainsi que l’importation de 179 vaches montbéliardes pour la production de lait ont été lancées. L’Etat a acquis 4 millions de doses de vaccins contre la rage, le charbon bactéridien, le charbon symptomatique, maladie du new castel, PPR et 390 motos ont été acquises, destinées aux vétérinaires pour la surveillance des maladies animales.

Un plan de l’accès au financement mieux adapté

Le gouvernement ne lésine pas sur les moyens dans l’accompagnement des producteurs. Si les acteurs de la filière pomme de terre ont bénéficié de 35 milliards de de francs avec pour objectif de faire passer la production de 50 000 à 80 000 tonnes, ceux de l’élevage ont bénéficié de 29 milliards de francs guinéens pour l’acquisition de 10 000 tonnes de maïs.

Par ailleurs, environ 1 milliard de GNF sont alloués à la relance de l’huilerie de Dabola et 2 milliards à la Société FAPEL pour la production d’outils. Enfin, l’Etat a accordé un financement de 136 milliards GNF aux projets agropastoraux et envisage former 3000 jeunes agriculteurs à travers le Projet AGRIJEUNE.

Oumar M’Böh

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